Carnet de route

Au "petit paradis"

Le 06/03/2015 par Elena Gomez

Samedi 21 février je viens de rentrer et je me mets au clavier :

Samedi dernier à cette heure ci nous finissions un très bon repas. Pendant l’après midi nous sommes arrivés à l’endroit décrit par Bernard comme « un petit paradis » Et je peux confirmer qu’il avait raison.

Un petit paradis pour la beauté des montagnes, par le beau temps ensoleillé qui nous accompagné toute la semaine, par l’hébergement si simple et généreux, surtout avec le manger, de la famille suisse qui tient l’hôtel-auberge Rothbad. Une pensée pour « Jaja ».

Mais un petit paradis aussi parce que le séjour raquettes a été un succès pour tous, si comme narratrice je tiens compte des dires : « Groupe homogène, on a bien marché ensemble »

Quand mes compagnons de marche m’ont demandé de faire un résumé de la semaine le premier mot qui m’est venu était « phénomenal » après c’était : partager, rigoler, manger, monter et descendre. Voici les détails pour les plus accros aux chiffres :

Le dimanche : départ Springenboden 1329 m, arrivée MittelMechlistall 1880 m au pied du Mäggisserehore, dénivelée 560 m.

Lundi : Départ Schroand 1259 m, arrivée Abendberg 1851 m, dénivelée 600 m

Mardi : Départ de la scierie (Säge) 1100 m, arrivée Gurbs Metteberg 1853 m, dénivelée 760 m

Mercredi : Départ Bodenallmi 1259 m, arrivée Meniggrat 1929 m dénivelée 670 m, pour l'intermédiaire 1583 m dénivelée 330 m

Jeudi : Départ Egg 1235 m, arrivée Rauflihore 2323 m, dénivelée 1250 m

Vendredi : Départ Schroand 1259 m, arrivée Turne 2079 m, dénivelée 820m

Mais revenons aux faits, je me suis inscrite pour cette semaine afin d’avoir une expérience raquettes et découvrir les montagnes suisses que je ne connaissais pas.

Le premier jour nous sommes partis sur les pistes de la petite station de ski située à côté de notre hôtel. Prise de contact avec le groupe, les montagnes et l’activité en elle même. Comme la journée était un peu grise et que la semaine d’avant il y avait eu beaucoup de neige et des conditions difficiles les esprits étaient inquiets devant un possible risque d’avalanche.  Ce qui nous rappelait l’importance de faire nos exercices avec les DVA. Ce sont des exercices à prendre au sérieux mais les faire dans un contexte sécurisé nous a permis de « jouer » et de ce fait, nous connaître et nous lier dans le groupe. On a formé des petits groupes d’une façon aléatoire et c’est ainsi que nous nous avons partagé les tâches. Top chrono on cherche et les petits défis entre groupes voir qui sera le plus rapide à sauver la victime d’avalanche… pi pi pi piiiiiiiipppiiii - ça y est !!!! - Creuse !!!! et la joie et le rire. Des visages pleins de sourires comme des enfants qui jouent dans la neige.

Le reste de la semaine le beau temps, magnifique, était au rendez-vous. Les images des montagnes enneigées, ensoleillées, brillantes… époustouflantes défilent dans ma mémoire. Jour après jour, en revoyant les pentes, les petits chemins dans les forêts, en marchant un peu emportée par le rythme et la cadence, mes yeux regardaient la neige et ses reflets comme des petits cristaux. Je marchais sur une couverture Swarovski. Les paysages au sommet, la vue sur les cimes alpines célèbres comme l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau, les 360° avec le ciel bleu m’ont fait sentir dans un décor unique et difficile d’accès, tout le monde ne peut voir ça, car il faut vouloir et réussir à monter. Voir ces belles images nous rappelle à tous, combien on aime la montagne et pourquoi on l’aime.

Pour arriver à nos points de départ chaque jour nous empruntions de routes proprement déneigés mais, la plus part du temps, à une voie avec la difficulté de se trouver face à d’autres véhicules. Notre convoi roulait par des vallées étroites pour arriver à des parkings bien aménagés avec toilettes, … surveillés par une blondinette aux yeux bleus qui te colle un avertissement pour avoir omis de payer les 5 FS pour un parking payant indiqué nulle part, sauf à côté d'une boulangerie à 5km de là. La précision suisse : à côté de l'Automate, une agrafeuse pour joindre l’avertissement au ticket, et mettre l’ensemble dans la boite à pv.

Si je me visualise, et je rentre dans le film de cette semaine passée, dans la quelle je suis l’actrice de mon séjour, je pourrais vous parler de mes sensations de novice, de l’adaptation au matériel et de comment j’ai constaté l’importance d’avoir de bonnes raquettes adaptées à chaque type de neige et d’activité. Je pourrais parler des chutes parce que je suis tombée quelques fois,  de la difficulté à me relever dans la poudre en me tournant pour mieux me tenir dans la pente et de comment j’ai appris que le risque de tomber n’est pas une chose qui doit faire peur parce que dans la neige, c’est un peu un jeu. Et on tombe sur un manteau moelleux et on rigole. Que les raquettes, c’est un sport qui nous ramène à nos jeux d’enfants.

J’ai appris en écoutant mes compagnons les techniques pour mieux marcher, mieux accrocher mes raquettes et mieux descendre les pentes : « La pointe vers la déverse. Le talon il faut planter le talon » et ainsi profiter et me faire plaisir en étant la première personne à marcher sur un manteau vierge de traces.

Et j’ai reconnu mes limites et mes difficultés tant physiques que mentales. Avec un groupe si bien préparé il faut l’être soi même.

Le dernier sommet de la semaine le Turnen était pour moi tout simplement génial. Je n’avais pas pu participé le jour avant au grand somme et c’est Jean Paul qui va vous le raconter mais pour ce dernier jour je peux vous dire que j’étais déterminée à vaincre mes difficultés et à être précise dans mes gestes, je voulais être à l’hauteur des apprentissages faits pendant la semaine et me montrer de quoi j’étais capable, je me sentais très à l’aise. Et en même temps j’ai profité encore une fois des vues. En montant je dois avouer que mes pieds et le chemin étaient mes préoccupations principales. C’est pendant les arrêts que je me rendais compte de la pente à gravir ou de la vue autour. Dans les dévers glacés je me suis senti sûre de mes raquettes, en les connaissant, j’ai mieux trouvé où elles accrochaient et j’ai pu mettre en place la technique sans la pression de la file. La montagne, nous permet d’avoir un certain isolement, nous plonge dans un silence et une solitude marqué par le rythme de nos pas. Et ça, j’aime beaucoup. C’est une sensation de sérénité infinie. Au centre de la journée le sommet et mes joies en arrivant au sommet, non seulement pour le très beau paysage, mais aussi, et surtout pour l’accolade avec Louise, la joie de tous en nous voyant arriver et les photos de groupe en parlant et rigolant pour garder un souvenir.

Mis a part l’activité en soi je retiendrais les échanges dans le groupe. Faire des raquettes c'est physique certes, mais au milieu d'un groupe avec des traceurs/dameurs devant ça passe facilement Merci surtout à Vincent et Jean Pierre  qui nous traçaient le « bon » chemin. J’ai fait la connaissance de nouvelles personnes : Roland dans la voiture pour le covoiturage « dans la joie et la bonne humeur » tout en parlant des choses sérieuses et sérieusement.  Jean Pierre qui avec un grand sourire et ses bonbons « d’homme » pour rafraichir la bouche, me connectait avec le début de marche. Martine avec ces silences et ses regards complices qui retournait dans le chemin pour ne pas se refroidir et pour venir me rejoindre. Louise qui a accepté de m’avoir dans ses pieds et que je puisse suivre ses pas, une grande Dame.  Vincent et Véro avec lesquels nous avons partagé entre « actifs » et « jeunes » les petits déjeuners, ou une vue panoramique depuis la terrasse d’un restaurant de montagne dans le Menigwald le jour de « repos ». Bernard « mon cher chef », on se connaissait déjà depuis le Champ du feu, mais marcher avec lui c’est un plaisir. Jean Paul qui m’a proposé de m’inscrire avec lui et ainsi partager une semaine en couple tout en étant dans le groupe et à qui je remercie de m’avoir tenu la main en descendant du Turnen et ça pour le plaisir de faire des raquettes.

Non, non, non… je n’ai pas oublié Thomas de Fribourg, ni ses yeux bleus, ni ses bottes rouges.  JAJAJAJAJAJAJAJAJA (en espagnol)

Quelques uns m’on demandé à la fin si je voudrais faire à nouveau des raquettes et je peux vous dire que oui, que je referais et aussi que j’espère rencontrer à nouveau ces personnes pour marcher ensemble parce que ça a été une très belle expérience, un réel plaisir d’être là avec eux, dans ce petit paradis.

 

 







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