Carnet de route

Une semaine dans les Écrins

Le 06/07/2017 par Laurent C

Départ pour La Bérarde vendredi 23/06 au soir avec Lingyi et Pierre-Luigi, nous posons nos tentes dans un petit coin tranquille un peu avant Grenoble.

Samedi, après avoir rejoint La Bérarde, nous partons vers midi en direction du refuge de la Pilatte. Une fois arrivés, nous mettons à profit le temps qu'il reste avant le repas pour descendre sur le glacier faire quelques révisions concernant les techniques de relais sur corps mort, broches et mouflages. C'est aussi l'occasion de repérer les vires équipées de câbles que nous emprunterons de nuit le surlendemain.

Dimanche, départ à 5h pour l'éperon NNE du Gioberney, plus joli selon la gardienne que l'arête NE que nous voulions gravir. L'orage a sévit pendant la nuit et il a plu et grêlé jusqu'à 4h. Malgré tout nous trouverons un rocher en super condition, bien sec. Une petite brèche facile à repérer (encore faut-il avoir les yeux en face des trous...) marque le début de l'escalade, ainsi qu'un pas de III qui réveille. La suite de l'itinéraire déroule bien et se termine par un mur en IV de 20 m, où l'on trouve même 2 pitons. On profite du beau temps au sommet pour s'accorder une bonne grosse pause, puis descente par la voie normale et nous sommes au refuge vers 14h.

Lundi, lever 3h départ 4h, nous partons vers le col du Sélé pour rejoindre le refuge du même nom. La nuit a été claire et le regel bon, nous arrivons au col à 7h30. Longue pause puis descente tranquille sur les pentes débonnaires du glacier du Sélé. En bas du vallon nous profitons de la fin de matinée pour réviser à nouveau quelques manips sur un névé, faire un bon pique nique et une petite sieste puis nous remontons vers le refuge alors que les nuages s'accumulent sur les sommets. Nous prenons ensuite le temps d'aller reconnaître de départ de la course du lendemain en montant un peu au dessus du refuge d'hiver, ce qui se révèlera bien utile.

Mardi, à 4h15, c'est le départ pour la voie normale de l'Ailefroide orientale (chez Raoul, le gardien du Sélé, le réveil est à 3h15, pas à 3h, et il y tient). Il tombe encore quelques gouttes ce qui demande un peu d'attention sur les vires au-dessus du refuge, mais la pluie s'arrête vite. La suite de l'itinéraire est bien cairnée et plutôt évidente et le rocher est sec. La neige par contre n'a pas pu regeler et il faut faire la trace. Sur les 200 derniers mètres l'altitude se fait bien sentir, puis nous arrivons au sommet, malheureusement bâché. Pour la vue, il faudra revenir ! Pause casse croûte, puis nous prenons le chemin de la descente. On tire un rappel pour les dalles sous la "banane" puis tout le reste se fait bien en désescalade et nous rentrons au refuge à 14h15. Nous y dormirons encore cette nuit.

Mercredi, le plan était de faire une journée tranquille durant laquelle nous serions juste montés au refuge du Pelvoux, pour en faire la traversée jeudi. Malheureusement le mauvais temps qui est annoncé pour la fin de la semaine nous oblige à revoir nos objectifs et la traversée du Pelvoux tombe à l'eau. La journée sera donc consacrée à rallier le Pré de Mme Carle tout en nous demandant par quel col nous allions rejoindre La Bérarde : la Temple ou les Écrins ? Au gîte du Pré de Mme Carle, la météo et le gardien nous incite à choisir le col de la Temple : nous comptions sur une amélioration de la météo vendredi, mais celle-ci semble de moins en moins probable. Pour demain, le temps devrait encore tenir la matinée puis se dégrader l'après-midi.

Jeudi matin à 4h30 c'est le départ en direction du glacier noir. Nous remontons la moraine dans le brouillard puis nous passons au dessus du nuage sous le verrou glaciaire du glacier supérieur. La montée sur le glacier supérieur passe en neige sans problème, puis il faut remonter toute la vallée vers le pilier issu du col de la Temple alors que le vent forcit et que la neige se met déjà à tomber. C'est crampons aux pieds que nous remontons les 200 m de rochers couverts de neige qui mènent au col dans des conditions quasi hivernales, et nous découvrons versant ouest une dizaine de centimètres de neige fraîche. La descente à La Bérarde se fait sous la neige puis sous la pluie à partir de Temple-Écrins et nous arrivons à la voiture à 16h30.

Vendredi, grasse mat' puis nous partons vers 9h-10h vers le refuge du Châtelleret. Nous profitons ensuite de l'après-midi pour grimper une voie équipée facile à 2 pas du refuge. L'objectif du lendemain était la Tête nord du Replat, mais il a beaucoup neigé en altitude. Nous discutons avec un guide qui nous dit que le pic nord des Cavales devrait être en meilleures conditions d'après ce qu'il a vu dans la journée.

Samedi, lever à 3h. On jette un coup d'oeil dehors, c'est bouché et il pleut. Le temps ne s'améliore pas pendant le petit déjeuner. Nous changeons à nouveau d'objectif, la brèche de la Meije fera l'affaire. Nous montons dans le brouillard et sous la neige. Il est tombé une vingtaine de centimètres au-dessus de 2800 m. Finalement nous bifurquons vers le refuge du Promontoire. Arrivés au refuge, le temps se découvre et nous avons devant les yeux un panorama spectaculaire avec tous les sommets environnants plaqués de neige fraîche dans une lumière extraordinaire. L'ambiance du lieu nous incite à y rester et à admirer, nous attendons les gardiens qui étaient descendus en vallée la veille puis après deux bonnes heures nous prenons le chemin de la descente vers La Bérarde.

Dimanche il faut rentrer. Nous nous arrêtons à Bourg d'Oisans sur un sympathique site de grimpe que connaissait Pierre-Luigi, grimpons quelques voies puis reprenons la route.

Un super séjour dans un massif absolument magnifique, malgré les conditions climatiques compliquées !

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