Carnet de route

Alpinisme dans le Valgaudemar

Le 08/09/2020 par Laurent Hesse

Nous voilà de retour dans le Valgaudemar après avoir gravi Les Rouies en 2013. Le Sirac et l’Olan restaient deux objectifs majeurs à réaliser dans cette vallée.
Seulement voilà, le refuge de Valonpierre, camp de base du Sirac, était complet du fait des restrictions sanitaires. C’est donc L’Olan par la Voie Escarra qui sera notre objectif cet été. Nous garons notre véhicule à la Chapelle en Valgaudemar où débute le sentier de montée au Refuge de l’Olan (D+ 1300 m). Le sentier est raide tout du long et nos sacs chargés à 20 kg rendent la progression difficile. Après 3 h 30 d’efforts me voilà au refuge rejoignant Laurent Riandey qui me devance d’une vingtaine de minutes. Demain, nous nous lèverons très tôt pour commencer notre ascension. 
Réveil 3 h 45, voilà nous y sommes. La journée s’annonce ensoleillée, mais un petit désagrément technique me retarde un peu, car ma frontale me lâche. La nuit est sombre et pas de lune pour espérer y voir un peu. Tant pis, la torche de mon téléphone fera l’affaire pour l’approche.
Après une heure et demi, au bout du glacier de l’Olan réduit à une portion congrue, nous repérons le départ de la voie. Très vite, je m’aperçois qu’elle est très grimpante voire trop grimpante pour une course côtée peu difficile, mais peu importe en tirant quelques longueurs nous réussissons à atteindre la vire montante qui nous mènera en aval de la brèche. Le cheminement se fera en corde tendue et vers 13 h nous atteignons enfin la brèche Escarra où nous croisons une première cordée avec guide qui vient de Font Turbat par l'arête nord. Depuis la brèche, nous prenons pied sur le fil de l'arête qui devrait nous mener jusqu'au sommet. Peut avant l'antécîme nous croisons une deuxième cordée qui descend du sommet. Nous progressons encore et j'aperçois en point de mire le sommet. Au pied de l'antécîme je prends quelques minutes pour faire un point. Il faudrait tirer une longueur pour l'atteindre, puis un rappel et tirer encore une longueur... Et pareil au retour.
Nous avons dépassé la marge temps que je m'étais fixée pendant la préparation de la course et donc il nous faut renoncer malheureusement tout près du but. L'aller-retour nous prendrait au moins une heure et je sais que la gardienne du refuge s'inquiète lorsque les cordées ne rentrent pas dans les temps. D'ailleurs, elle avait contacté le PGHM la veille pour une cordée qui avait pris beaucoup de retard... Pour rien, heureusement, car elle a rejoint le refuge par ses propres moyens.
Un peu de déception, mais ce n'est pas grave, nous reviendrons.
Toute la descente se fera en désescalade en évitant les rappels. Conserver une concentration optimale sera notre principale difficulté, car la course est longue et il ne faut jamais se relâcher. Arrivés en amont de la longueur d'attaque, je m'aperçois de mon erreur de ce matin, car plus à gauche un couloir plus facile nous aurait permis de gagner du temps. Nous descendons par cet itinéraire pour prendre pied sur le glacier. Cependant, il nous dépose aussi de l'autre coté d'une crevasse que nous devons traverser maintenant. Après plusieurs aller-retour le long de cette faille, nous trouvons le passage pour rejoindre la fin du glacier et emprunter le sentier qui nous ramènera au refuge quelques minutes avant le dîner. Cette course fut longue, quatorze heures en tout, et surtout éprouvante physiquement, mais quel plaisir, une fois de plus, de se retrouver en montagne.
Merci à Laurent Riandey de m'avoir accompagné sur cette course.
 

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