Carnet de route
Initiation Alpinisme été 2026
Le 04/08/2026 par Mattéo - Noel
Camp d’été alpinisme – Chamonix 2026
Après plusieurs semaines à attendre avec impatience ce stage d’alpinisme, nous nous sommes retrouvés le samedi 4 juillet pour prendre la route des Alpes. Le covoiturage s’est organisé au départ de Metz avec Suzie, Stéphane, Laurent H. et moi (Mattéo), tandis que Laurent C. était déjà sur place. Daniel et Michelle nous ont rejoints directement à Chamonix, où tout le groupe s’est retrouvé vers 17h30 autour de nos deux encadrants, Laurent H. et Laurent C.
Nous avons pris nos quartiers au gîte du Vieux Grassonnet, en gestion libre, pour les trois premières nuits du séjour, avant de rejoindre le refuge Albert 1er pour les deux suivantes. La première soirée fut placée sous le signe de la convivialité autour des spaghettis préparés grâce à la délicieuse sauce bolognaise maison de Michelle. Un petit problème de calcul des quantités nous a toutefois laissé avec une marmite de pâtes digne d’un banquet… mais personne n’est reparti le ventre vide !
Dimanche 5 juillet – École de glace sur la Mer de Glace
Le réveil sonne tôt puisque nous quittons le gîte vers 6 heures afin d’attraper le premier train du Montenvers. Après la descente par la via ferrata, encordés par cordées de deux et trois, nous rejoignons enfin la Mer de Glace où commence réellement notre apprentissage.
La journée est consacrée aux fondamentaux de la progression glaciaire : marche en crampons, utilisation du piolet, techniques de montée, de descente et de traversée, pose de broches à glace, escalade sur glace, réalisation d’une lunule et mise en place d’un rappel. Une journée particulièrement riche qui permet à chacun de découvrir ou de réviser les bases indispensables à l’évolution sur glacier.
Le retour est malheureusement marqué par une mauvaise réception de Suzie qui se blesse à la cheville. Malgré la douleur, elle garde le sourire et espère pouvoir poursuivre le stage.
Nous retrouvons ensuite le gîte pour partager une nouvelle tournée de spaghettis, accompagnée d’une fameuse « bière congelée », devenue rapidement la plaisanterie du séjour. Comme chaque soir, un débriefing permet de revenir sur la journée et de préparer la suivante. Malgré sa blessure, Suzie décide courageusement de tenter la course prévue le lendemain.
Lundi 6 juillet – Traversée des Aiguilles Crochues
Départ une nouvelle fois aux aurores pour rejoindre la Flégère puis le télésiège de l’Index. L’objectif du jour est la magnifique traversée des Aiguilles Crochues.
Les cordées sont identiques à la veille. Stéphane et moi choisissons une progression différente en tirant plusieurs longueurs, ce qui nous fait perdre un peu de temps par rapport au reste du groupe. Nous finissons néanmoins par nous retrouver tous au sommet pour profiter du panorama exceptionnel.
La véritable aventure commence cependant pendant la descente. Notre retard nous fait manquer la dernière remontée mécanique malgré les efforts de Daniel et Michelle, partis en éclaireurs pour tenter de retenir la dernière cabine. Malheureusement, celle-ci quitte la gare une trentaine de minutes avant notre arrivée.
Il ne nous reste alors plus qu’à redescendre toute la vallée à pied, soit près de 1900 mètres de dénivelé négatif supplémentaires. Une longue journée qui met les jambes à rude épreuve, mais qui restera sans doute l’un des meilleurs souvenirs du stage.
Le soir, les efforts sont récompensés par d’excellentes pizzas que Stéphane et Laurent vont chercher dans une petite pizzeria repérée quelques jours auparavant après que notre chauffeur de bus nous avait déposés un arrêt trop loin. Un nouveau débriefing vient conclure cette journée particulièrement intense.
Mardi 7 juillet – Montée au refuge Albert 1er
Cette journée débute un peu plus tard, le temps de ranger le gîte avant de prendre la direction du téléphérique de Charamillon puis des Autannes.
Après une montée agréable, nous atteignons le refuge Albert 1er vers midi. Une fois installés et après avoir repris quelques forces, nous repartons pour une série d’exercices destinés à préparer les courses des deux jours suivants.
Au programme : différentes techniques d’arrêt avec le piolet, réalisation d’un corps mort dans la neige, mise en place d’un mouflage ainsi qu’un repérage de l’itinéraire qui nous conduira le lendemain à l’Aiguille du Tour.
La journée se termine dans l’excellente ambiance du refuge autour d’un bon repas, du traditionnel débriefing et d’une mémorable partie de Scopa où Daniel nous inflige une véritable leçon.
Mercredi 8 juillet – Aiguille du Tour (3540 m)
Le réveil retentit à 2h50 pour le premier petit-déjeuner. Après l’équipement et la descente sur le glacier, nous quittons le refuge vers 4 heures.
Les cordées sont légèrement modifiées : Stéphane avec Michelle, Laurent C. avec Daniel, tandis que Laurent H., Suzie et moi évoluons ensemble.
Les conditions sont excellentes et la progression se déroule sans difficulté majeure, hormis le franchissement d’une crevasse. Après plusieurs heures d’effort, nous atteignons le sommet de l’Aiguille du Tour vers 9 heures. Pour certains d’entre nous, il s’agit d’un premier sommet à plus de 3500 mètres, un moment particulièrement marquant.
La descente s’effectue par un itinéraire différent qui nous ramène au refuge vers 14 heures. L’après-midi est consacré au repos et à la préparation de la dernière course du stage.
Lors du débriefing du soir, Suzie choisit raisonnablement de renoncer à la Petite Fourche et à la Tête Blanche afin de préserver sa cheville. Pour ma part, le doute s’installe également.
Jeudi 9 juillet – Fin du stage
L’objectif du jour est « Petite Fourche » (PD 3512m) et éventuellement « Tête blanche » (F 3421 m) en enchainement.
Les sorties des jours précédents ont laissé des traces et la fatigue s’est installé de sorte que Suzie préfère renoncer et reste au refuge.
Levés à 3 :00, les autres quittent le refuge à 4 :00 et remontent le sentier pierreux au-dessus du refuge à la frontale avant d’atteindre la première pente de neige en bordure du glacier, où ils chaussent les crampons.
Ils remontent ensuite cette première pente raide qui les conduit à un petit promontoire où ils s’encordent avant de prendre pied sur le glacier.
Lors de cette deuxième courte pause, Matteo fait le point sur son état de forme et préfère renoncer. Il redescend au refuge avec Lauent H.
Du refuge ils redescendront avec Suzie un peu plus tard au Tour puis à Chamonix pour profiter un peu de la ville.
Les deux cordés restantes (Laurent C avec Daniel et Michelle avec Stéphane) continuent sur le glacier.
Il leur faut remonter tout le glacier du Tour en laissant sur la gauche l’Aiguille du Tour et les deux cols d’hier (col du Tour et col supérieur du Tour) jusqu’à peu avant le col blanc entre Tête Blanche et Petite Fourche.
Les deux cordées bifurquent vers la droite avec le sommet de Petite Fourche en vue. Celui-ci est constitué d’une pente raide en neige qui se transforme en glace par endroit sur le haut, suivi d’un cheminement en rocher assez évident.
Après avoir laissé les sacs au pied de la pente de neige l’ascension commence en corde tendue très courte. La pente requiert une attention particulière surtout sur la fin où la trace est en glace.
L’ascension continue en rocher sans crampons ni piolets. Celle-ci s’effectue sans problème jusqu’à la pierre plate sommitale permettant à tous de tenir debout sur le sommet.
Après quelques photos et afin de laisser la place aux cordées qui s’embouteillent dans la montée ils descendent par le même chemin que la montée. Après avoir récupéré les sacs les deux cordées traversent la surface de neige sous le col blanc les séparant de « Tête blanche ».
Après avoir laissé piolet et crampons ils entament l’ascension sur un sentier en rocher. La fin se raidit et il faut mettre de plus en plus les mains jusqu’à un premier sommet. Un second sommet se présente quelques dizaines de mètres plus loin. Après quelques photos ils redescendent ensuite sur le glacier se rééquipent et entament la descente retour vers le refuge.
La descente est longue mais sans difficulté, l’horaire moins avancé que la vieille offre des conditions de neige moins dégradées.
Arrivés au refuge du Tour vers 11 :30, après une pause repas, ils récupèrent leurs affaires avant d’entamer la descente vers le Tour à 12 :30.
La descente s’effectue au pas de course. Après avoir pris les remontés mécaniques ils arrivent au Tour d’où ils prennent le bus et rejoignent leur 3 compagnons sur le parking du Grassonet.
Après avoir pris congé les uns des autres, notre voiture reprend la route de la Moselle que nous atteignons vers 11 :00 (parking de covoiturage Hambach) et 11 :45 (Metz).
Conclusion
Ce camp d’été restera une formidable expérience tant sur le plan technique qu’humain. Entre école de glace, progression sur glacier, arêtes rocheuses, premiers sommets de plus de 3500 mètres et longues journées en montagne, chacun a pu apprendre énormément et progresser à son rythme.
Au-delà des apprentissages, ce sont aussi les nombreux moments de convivialité qui resteront dans les mémoires : les repas préparés ensemble, les parties de Scopa, les débriefings quotidiens, les plaisanteries autour de la « bière congelée » ou encore l’interminable descente à pied après les Aiguilles Crochues.
Un grand merci à Laurent H. et Laurent C. pour leur disponibilité, leur patience et la qualité de leur encadrement tout au long de cette semaine. Ce stage aura donné à chacun l’envie de revenir rapidement en montagne pour mettre en pratique tous ces nouveaux apprentissages.





